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Accueillir un agent suite à une cure

Lors du retour en poste d’un agent ayant suivi une cure en alcoologie, l’encadrement peut mettre en place un entretien d’accueil qui permettra d’élaborer un contrat moral d’engagement réciproque. A la suite de cet entretien, l’encadrant peut planifier une rencontre par mois pendant les six premiers mois, puis espacer ces entretiens.

Le cadre

L’encadrant doit tout d’abord choisir un lieu garantissant la confidentialité et définir la durée de l’entretien (environ 20 minutes). Pour établir une communication efficace et développer une véritable relation, l’encadrant doit mettre l’accent sur la confidentialité et la confiance, le respect de l’autre et l’écoute.

L’état des lieux

L’encadrant et l’agent doivent pouvoir faire un bilan de la situation de reprise :

  • au niveau du poste de travail,
  • au niveau des relations interpersonnelles,
  • les éventuelles difficultés rencontrées,
  • les éventuels points positifs.

Il est important de repréciser les missions et rôles de chacun. Seuls les faits concernant l’activité professionnelle de la personne doivent être abordés, et non la question de son abstinence. Le but de cette rencontre n’est pas de savoir si l’agent est de nouveau en période d’alcoolisation, mais d’étudier comment se passe sa reprise de l’activité et son retour dans la collectivité. Les collègues et les supérieurs ne peuvent pas, et ne doivent pas, juger du comportement de l’agent en ce qui concerne sa problématique avec l’alcool.

L’écoute

A l’instar des entretiens qui font suite à un incident avec l’alcool (voir la fiche « Organiser un entretien suite à un accident avec l’alcool » et « Le contenu de l’entretien »), l’encadrant doit adopter une attitude neutre et bienveillante. Une certaine distance est nécessaire pour ne pas sombrer dans la compassion, dans l’affectif, ce qui rendrait plus difficile le dialogue sur les problèmes rencontrés.

Si l’encadrant choisit de proposer de l’aide à un agent en difficulté, il est important de pouvoir respecter le rythme propre de cette personne. Vouloir aller trop vite, faire des choix à la place de la personne, génère souvent un échec. Il est nécessaire de laisser à l’agent du temps et un rôle actif dans la démarche de soins, afin de ne pas le déresponsabiliser. L’agent doit rester maître de ses choix et le rôle de l’encadrement est de l’encourager en ce sens pour le rendre acteur du projet.

Le partenariat

L’agent peut reconnaître des difficultés d’ordre personnel et être demandeur d’une aide médicale ou psychologique. L’entretien d’accueil peut alors être l’occasion d’orienter l’agent vers un réseau et un partenariat avec des professionnels ou des lieux spécialisés. Dans ce sens, il est important de pouvoir faire aussi le lien avec le médecin de la médecine professionnelle et préventive. Une démarche globale de suivi de soins est alors établie en concertation avec l’agent et dans le respect des axes définis dans la fiche « Gérer le retour d’un agent parti en cure ».

Le contrat moral

L’entretien d’accueil permet à l’encadrant et à l’agent de s’engager ensemble dans un pacte moral. Celui-ci doit bien évidemment être élaboré avec l’agent sur des bases simples, avec des objectifs concrets. Des critères de vérification de ces objectifs communs doivent être clairement définis.

La fin de l’entretien

A l’issue de l’entretien, l’encadrant doit insister sur les points suivants :

  • l’aspect positif des efforts fournis par l’agent,
  • la valorisation de l’agent,
  • la confiance en l’agent apportée par la hiérarchie (concernant un changement durable possible).

 

 

Références

Gestion des situations d’alcoolisation sur le lieu de travail.

L’alcool au travail/SFA-ISPA

Ethique en prévention des risques liés à l’alcoolisation

CRAES-CRIPS- février, 2002
Hotline prévention

Par e-mail

02 48 48 11 63