Prévenir et manager le risque alcool

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Le contenu de l’entretien

L’objet de cette rencontre avec l’agent impliqué n’est pas de discuter sur sa dépendance supposée à l’alcool ou sur la quantité d’alcool qu’il consomme pour déterminer si elle est abusive ou non. Seul un médecin est habilité à établir ce diagnostic. Les collègues et les supérieurs ne sont pas en mesure, et ne doivent surtout pas, juger le comportement de l’agent en ce qui concerne ses alcoolisations.

Préparation

Avant de rencontrer la personne, l’encadrant doit se poser un certain nombre de questions :

  • Dans quel cadre se situe la rencontre ?
  • Quelle est ma fonction ou ma légitimité professionnelle pour le faire ?
  • Est-ce que j’ai les compétences pour mener ce type d’entretien ?
  • Quel est l’objectif principal de la rencontre ?
  • Est-ce que la personne a une demande particulière ? (où en est-elle ?)
  • Est-ce que j’en ai envie ? (il est parfois utile de différer la rencontre, sans l’oublier).

Accepter les faits

L’objectif de l’entretien est de mettre la personne concernée face aux faits observés. Un échange portant sur les difficultés rencontrées dans le milieu professionnel doit se faire : l’encadrement a remarqué que l’agent arrive sous l’effet de substances, qu’il ne respecte pas les horaires, que les relations avec les collègues deviennent difficiles, que le manque de rigueur dans l’exercice de ses missions est problématique, que ses absences au travail pour raison de santé sont fréquentes, que des accidents de service ont eu lieu, que le respect des règles de sécurité est remis en question, etc. L’encadrant doit montrer à l’agent que les faits ne sont pas passés sous silence, que l’on n’est pas dans le déni de la situation.

Suivi médical

Si l’agent évoque des difficultés d’ordre personnel et qu’il est demandeur d’aide, cet entretien est aussi l’occasion d’évoquer avec lui la possibilité de se tourner vers des professionnels ou des lieux spécialisés dans le soin en alcoologie. Il est important que l’encadrant connaisse les limites de son intervention et sache faire le lien avec le médecin de la médecine professionnelle et préventive. Le médecin pourra ainsi juger de l’aptitude ou non de la personne à remplir les missions qui lui sont confiées et, le cas échéant, lui apporter une aide médicale.

La personne reste seule à décider si elle souhaite ou non entreprendre dans une démarche de soins et si elle souhaite ou non suivre une thérapie.

Qu’il connaisse ou non des difficultés avec sa consommation d’alcool, l’agent a le droit au respect de ses décisions et doit les assumer.

 

Références

Gérer le risque alcool au travail

Jean Paul JEANNIN.

Editions Chronique Sociale, 2003

Gestion des situations d’alcoolisation sur le lieu de travail.

L’alcool au travail/SFA-ISPA

Hotline prévention

Par e-mail

02 48 48 11 63