Prévenir et manager le risque alcool

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Le soutien psychologique

Même si l’agent est abstinent et que le sevrage physique a eu lieu à l’issue d’une cure, la personne n’est pas pour autant à l’abri d’une éventuelle rechute lors de la reprise de l’activité au sein de la collectivité. L’encadrement doit pouvoir proposer à l’agent un accompagnement adapté pour l’aider.

L’alcoolisme n’est ni un vice ni une maladie mais l’expression, par un comportement compulsif, d’une souffrance archaïque (une souffrance profonde qui ne peut se dire, ni se représenter avec des mots). Se pose alors la question suivante : Comment passer du comportement (de l’agir) à la parole (la symbolisation) ? Le soutien psychologique vient s’inscrire dans ce contexte. La personne a besoin de « mettre des mots » sur sa souffrance pour l’évacuer.

En quoi le soutien psychologique est-il nécessaire ?

L’approche psychanalytique nous enseigne que l’existence d’une souffrance profonde et indicible est en lien avec la notion de traumatisme précoce advenu avant l’acquisition du langage et de la capacité à représenter, à symboliser. Ce « trauma », n’ayant pu être élaboré psychiquement, laisse alors une trace, une cicatrice, quelque chose de non représenté mais de vécu corporellement. Il s’agit bien d’une dépendance pathologique (addiction) qui s’inscrit dans le concept des pathologies du comportement.

Au-delà de l’addiction en tant que telle, il existe une autre problématique plus complexe, liée à la notion de plaisir, de désir. La confrontation au manque, au vide créé par le sevrage, est propre à chaque individu et cette dimension subjective est à considérer lorsque l’on évoque la prévention des rechutes. La problématique du risque de récidive s’enracine dans la dimension psychique de l’individu, et non plus dans la consommation qui a été stoppée.

L’enjeu est bien de maîtriser sur le long terme la dépendance au produit en prévenant les risques de rechute (même si ces dernières vont intégrer le processus de guérison).

Le soutien psychologique

L’encadrement de la collectivité « doit » favoriser la mise en place de ce soutien. A titre d’exemple, voici les grandes lignes d’une méthode conçue par Thierry LOTTIN, psychologue clinicien belge :

  • un désinvestissement psychique du produit alcool au profit du bien-être, qui pourra se faire en partenariat via des relais extérieurs ;
  • un parcours de soins jalonné de rechutes, estimées indispensables ;
  • une information de recadrage destinée au sujet et à son entourage ;
  • un contrôle de la consommation d’alcool et une maîtrise des rechutes ;
  • un développement comportemental prévenant les attitudes destructrices sur le plan relationnel, passant par un apprentissage de la responsabilisation plutôt que la victimisation (évolution d’une position de sauvetage à une position de compétence, apprendre à se protéger pour éviter la persécution).

Cette démarche de soutien psychologique ne peut se faire qu’avec l’accord de l’agent concerné et dans le respect des grands axes vus dans la fiche « Gérer le retour d’un agent parti en cure ».

 

Références

Gestion des situations d’alcoolisation sur le lieu de travail.

L’alcool au travail/SFA-ISPA

Ethique en prévention des risques liés à l’alcoolisation

CRAES-CRIPS

Février, 2002
Hotline prévention

Par e-mail

02 48 48 11 63