L’alcoolisme n’est ni un vice ni une maladie mais l’expression, par un comportement compulsif, d’une souffrance archaïque (une souffrance profonde qui ne peut se dire, ni se représenter avec des mots). Se pose alors la question suivante : Comment passer du comportement (de l’agir) à la parole (la symbolisation) ? Le soutien psychologique vient s’inscrire dans ce contexte. La personne a besoin de « mettre des mots » sur sa souffrance pour l’évacuer.
L’approche psychanalytique nous enseigne que l’existence d’une souffrance profonde et indicible est en lien avec la notion de traumatisme précoce advenu avant l’acquisition du langage et de la capacité à représenter, à symboliser. Ce « trauma », n’ayant pu être élaboré psychiquement, laisse alors une trace, une cicatrice, quelque chose de non représenté mais de vécu corporellement. Il s’agit bien d’une dépendance pathologique (addiction) qui s’inscrit dans le concept des pathologies du comportement.
Au-delà de l’addiction en tant que telle, il existe une autre problématique plus complexe, liée à la notion de plaisir, de désir. La confrontation au manque, au vide créé par le sevrage, est propre à chaque individu et cette dimension subjective est à considérer lorsque l’on évoque la prévention des rechutes. La problématique du risque de récidive s’enracine dans la dimension psychique de l’individu, et non plus dans la consommation qui a été stoppée.
L’enjeu est bien de maîtriser sur le long terme la dépendance au produit en prévenant les risques de rechute (même si ces dernières vont intégrer le processus de guérison).
L’encadrement de la collectivité « doit » favoriser la mise en place de ce soutien. A titre d’exemple, voici les grandes lignes d’une méthode conçue par Thierry LOTTIN, psychologue clinicien belge :
Cette démarche de soutien psychologique ne peut se faire qu’avec l’accord de l’agent concerné et dans le respect des grands axes vus dans la fiche « Gérer le retour d’un agent parti en cure ».
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