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La dépendance

L’alcoolisme est un terme imprécis regroupant plusieurs notions. Les spécialistes en alcoologie préfèrent parler d’alcoolo-dépendance.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrit la dépendance comme « un état psychique et parfois physique résultant de l’interaction entre un individu et un produit, se caractérisant par un besoin de consommer de façon continue ou discontinue, afin de trouver des effets psychiques particuliers ou d’éviter le malaise du manque. L’individu poursuit la consommation malgré l’apparition des problèmes importants qu’elle induit ».

Le docteur Pierre Fouquet, fondateur de l’alcoologie moderne, nous précise : " le malade alcoolique est celui qui a perdu la liberté de s’abstenir de l’alcool ".

Dépendances multiples

Que l’on parle d’alcoolisme ou de dépendance, il faut différencier trois notions :

  • la dépendance sociale,
  • la dépendance psychologique,
  • la dépendance physique.

La dépendance sociale

Un exemple : une personne fête son anniversaire chez elle, invite des amis chez elle, sert de l’alcool et annonce qu’elle ne boira pas, alors qu’elle est habituellement consommatrice d’alcool. Immédiatement, cette personne pourra ressentir une certaine pression de son entourage, et y cédera peut-être. Nous ne sommes pas dans un cas où la personne a perdu la liberté de s’abstenir d’alcool (cf. définition du Dr Fouquet). C’est ce que nous appelons la dépendance sociale. Bien entendu, en France, dans un contexte où l’alcool est un produit de large consommation associé en majorité à la fête ou au plaisir, cette dépendance n’est pas forcément néfaste.

La dépendance psychologique

La dépendance vis-à-vis de l’alcool commence à être néfaste lorsque la consommation n’a plus pour objet le plaisir du goût, le plaisir de partager un moment de convivialité avec des amis ou de consommer un vin lors d’un repas, mais lorsque cette consommation recherche avant tout les effets de l’ingestion d’alcool et les modifications que cela entraîne sur l’organisme. Si le but est de retrouver l’effet désinhibant, la capacité à faire oublier ou l’effet anti-stress, par exemple, alors la consommation devient dangereuse. C’est ainsi que, petit à petit, la dépendance psychologique peut s’installer.

La dépendance physique

Dernier stade de la dépendance à l’alcool, elle se caractérise par des troubles physiques qui disparaissent lors de la prise d’alcool. Ces troubles peuvent se caractériser par des tremblements ou des sueurs. Les symptômes disparaissent lorsque le niveau d’alcool dans le sang est suffisant.

La dépendance physique

La dépendance est toujours le fruit d’une rencontre entre un produit psychoactif, un environnement favorable et un individu sensible : elle n’est jamais systématique. Par « environnement favorable », on entend le contexte culturel, éducatif dans lequel vit la personne et son mode de consommation. Par « individu sensible », on entend la capacité différente des individus à réagir favorablement à la consommation d’alcool.

Les psychopathologues considèrent que les facteurs déclencheurs de la dépendance sont multiples et variés. Il faut différencier selon eux les facteurs de vulnérabilité des facteurs protecteurs. Les facteurs de vulnérabilité augmentent la sensibilité du sujet au risque alcool :

  • facteurs environnementaux (entourage, famille, précocité de l’initiation, stress, etc.),
  • facteurs liés aux substances : pouvoir toxique, accessibilité du produit, mode de consommation,
  • facteurs individuels (facteurs génétiques et biologiques, impulsivité, recherche de sensations fortes, difficulté à mettre des mots sur les émotions vécues).

A l’opposé, les facteurs protecteurs renforcent l’immunisation du sujet au risque alcool :

  • soutien familial,
  • sentiment d’appartenance,
  • bonne estime de soi,
  • capacité à faire des choix, à être autonome, etc.

On ne peut répondre simplement à la question « à partir de quand est-on dépendant ? ». La réponse ne réside pas uniquement dans le nombre de verres consommés, mais dépend aussi largement de la raison pour laquelle on consomme de l’alcool. Une campagne récente de sensibilisation du gouvernement « L’alcool, pas besoin d’être ivre pour en mourir » résume bien cette situation.

 

 

Références

Comment arrêter l’alcool ?

Pierluigi GRAZIANI, Daniela ERALDI-GACKIERE

Editions Odile JACOB, 2003

Dictionnaire des drogues et des dépendances

Denis RICHARD, Jean-Louis SENON, Marc VALLEUR

Editions LAROUSSE, 2004

Précis d’alcoologie clinique

J-P DESCOMBEY

Editions DUNOD, 1994
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